VILLES AFRICAINES - MAIN - MR ROMARICK ATOKE

Mr Romarick Atoke nous expose les défis de l’architecture africaine et son enseignement.

Photos from Romarick Atoke Photography | ords by Mr Romarick Atoke, Architect & Consultant, Global Archiconsult

1 – CONSTRUCTION, URBANISATION, ARCHITECTURE

Un espace de vie agréable et fonctionnel permet d’accroître la créativité, la productivité. Avec la population grandissante, s’urbanisant, le besoin d’habitat se fait pressant.

VILLE-ETHIOPIE - MR ROMARICK ATOKE

Addis Abeba, 2014 © Mr Romarick Atoke

Les collectivités locales des villes africaines tentent – tant bien que mal – de répondre à la galopante demande d’habitat, il est indispensable d’amplifier sur le continent la qualité de la pratique ainsi que celle de l’enseignement de l’architecture, de l’urbanisme et de la construction.

Parmi le nombre infirme de grands architectes africains que nous connaissons, soit à peine une dizaine, aucun n’a enseigné ou n’enseigne en Afrique. Certes ils donnent parfois des conférences lors de grands événements tels que Indaba, Durban, Archibat, mais ne sont encore que très rarement présents dans des écoles et universités sur le continent. Ils sont pourtant nombreux à enseigner à l’étranger, des USA à l’Allemagne.

David Adjaye, starachitecte d’origine ghanéene a plusieurs fois été professeur invité dans des universités telles que la Royal College of Art, Princeton University of Architecture, Harvard Graduate School of Design.

Francis Kere, starchitecte burkinabé, a lui aussi enseigné aux USA à Harvard Graduate School of Design et à l’Université de Wisconsin, en Suisse à l’Accademia Archittetura di Mendrisio pour ne citer que celles-là.

L’on peut encore citer Kunlé Adeyemi, architecte nigérian, qui fut aussi professeur invité et critique à la Faculté d’Architecture de l’Université de Washington, Harvard Graduate School of Design, mais également à l’Architectural Association à Londres.

On peut donc remarquer que dans leurs parcours d’enseignement, ces architectes africains les plus en vue aujourd’hui sur la scène internationale n’ont aucunement été professeurs sur le continent Africain.

La question est donc posée : comment peuvent se former les jeunes professionnels architectes et urbanistes qui vont devoir satisfaire l’habitat de 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050 ?

Qui seront les références de ces acteurs africains qui sont confrontés à de grands défis ?

2 – FORMER PLUS D’ARCHITECTES ET D’INGENIEURS DU GÉNIE CIVIL

Dans les villes d’Afrique Sub-sahariennes, on compte 200 architectes en moyenne, 400 dans le Maghreb, contre 30.000 inscrits… en France seulement.

VILLE-MAROC- MR ROMARICK ATOKE

Casablanca, 2013 © Mr Romarick Atoke

Beaucoup ont pour source d’inspiration les plus grands architectes occidentaux et non africains. Ce n’est pas nécessairement une question de préférence, mais juste parce que beaucoup ignorent parfois l’existence de ces architectes africains qui pourtant font la une de magazines internationaux, et sont même invités aux plus grands événements mondiaux, réalisant des projets des USA à Dubaï.

En Afrique subsaharienne, l’on ne trouve guère plus que 150 voire 200 architectes dans chaque pays. En Afrique du Nord, c’est en moyenne 400 voire 500 architectes dans chaque pays. Pour faire une comparaison avec l’occident, en France c’est plus de 30 000 architectes qui sont inscrits à l’Ordre. Le manque de formation était donc crucial au sein du continent. L’écart est flagrant entre le Maghreb et le reste de l’Afrique. Au Maroc, trois écoles développentde multiples partenariats avec des écoles étrangères. Dans toute l’Afrique subsaharienne il n’existe que deux écoles d’architecture : l’EAMAU à Lomé et l’ESIAU au Mali. Il existe aussi des départements d’architecture au sein d’universités. C’est le cas par exemple de l’Université du Nigéria qui a son département d’architecture, et celle du Ghana (Kwame Nkrumah University of Science and Technology).

Comment pourrait-on bâtir nos villes avec un nombre aussi pauvre de structures pédagogiques ? On se retrouve donc face à un grand défi auquel nos décideurs se doivent de trouver des solutions pérennes pour que vivent mieux nos populations africaines et ainsi tendre vers un développement réel.

Face à ces grands défis à laquelle est confrontée l’Afrique, les décideurs politiques construisent nombre de nouvelles infrastructures partout sur le continent. Toutefois, on remarque que bon nombre de celles-ci y sont rarement l’œuvre d’architectes africains. Ces derniers sont très rarement d’ailleurs collaborateurs sur la conception desdites infrastructures. Quand bien même nous ne manquons pas de professionnels, la quasi-totalité des conceptions et même des réalisations sont confiées aux professionnels étrangers, ou des multinationales d’ingénierie. C’est d’ailleurs autant le cas pour des projets architecturaux que des planifications urbaines. Le résultat est flagrant : la plupart de ces infrastructures ne reflètent pas la réalité quotidienne des usagers et ne répondent que très partiellement, voire pas du tout, à leurs besoins réels.

3 – UTILISER LES FORCES LOCALES

C’est en ayant une parfaite maîtrise du terrain que l’on peut construire une ville en adéquation avec le lifestyle local

VILLE AFRICAINE - blokhauss - MR ROMARICK ATOKE

Abidjan, le quartier Blockhaus, 2013 © Mr Romarick Atoke

Pour mieux bâtir l’Afrique, qui mieux que les africains peuvent le faire ? La preuve en est que les projets et marchés ont beau être confiés à des professionnels étrangers, ceux-ci viennent solliciter les conseils d’acteurs locaux ou d’acteurs d’origine africaine qui connaissent mieux le terrain. Ils peuvent donc apporter des solutions durables, répondant à l’attente des populations.

La plupart des grands projets, souvent déjà bouclés à l’étranger viennent atterrir sur le bureau de nos élus qui très souvent les approuvent, sans avoir mené d’étude préalable portée par des acteurs locaux. Les africains ne peuvent évidemment pas bâtir seuls le continent. Nous avons besoin de la technologie et de l’ingénierie occidentale, mais pour les allier à nos réalités et ainsi concevoir des projets durables et utiles.

Nos décideurs doivent aussi sensibiliser les populations pour qu’elles comprennent que s’offrir les services d’un architecte c’est bâtir durablement son projet et non se ruiner. Et si nous voulons mieux bâtir l’Afrique, mieux vaut former localement en tenant compte de nos réalités, notre climat, nos mœurs et non copier et coller la méthodologie et la pratique de ce qui se fait en occident, sans aucun rapport à notre contexte. Le nombre d’écoles d’architecture et d’urbanisme doit donc être multiplié sur toute l’étendue de l’Afrique. Et, nos architectes les plus reconnus doivent devenir des référents, amplifiant leurs interventions dans la pédagogie et la pratique sur le continent. Ainsi, nous pouvons certainement former des professionnels qui pourront mieux satisfaire la forte demande sur le continent, et ainsi garantir une meilleure qualité de vie aux générations futures

4 – MOROCCO, OURZAZATE / @Ksar Aït Ben Haddou

MAROC-OURZAZATE

5 – ETHIOPIA, SIGTHSEEING Lalibela

ETHIOPIE-SIGHTSEING