PAS DE SAINT-VALENTIN MR AFROPOLITAN 2017

Parce qu’il est difficile de célébrer avec plusieurs femmes en même temps.

Mots par Mr Paul-Marius, Directeur de publication MR AFROPOLITAN

Comme beaucoup de fêtes occidentales que nous célébrons dans les pays Africains, nous n’en connaissons pas véritablement l’origine. Certains historiens s’accordent à dire que les origines de la Saint-Valentin remontent à la Rome antique. Puis, nous avons eu la traite négrière, la colonisation et le néo-colonialisme toujours en cours.  Avec ces différents “partages de culture” (Hi Mr Fillon), nous avons absorbé sans trop tamiser les célébrations venues d’ailleurs, sans nous poser trop de questions. Maintenant, nous sommes au XXIè siècle, et cette faculté à assimiler les moeurs des autres n’en démord pas.

Cependant, si nous pouvons apporter un peu de romantisme dans notre quotidien loin d’être rose, pourquoi pas. Les vicissitudes de la vie nous font parfois oublier l’essentiel : le rapport à autrui. Si une fête commerciale peut nous rappeler d’accorder plus d’attention aux personnes qui nous entourent, soit !

Noël et ses acolytes, parmi lesquels la Saint-Valentin, sont des célébrations pendant lesquelles, les marques, dans cette société “moderne capitaliste”, font preuve d’une imagination sans égale pour nous pousser à la consommation.  Ok, il est bien de se rappeler à chacun combien on s’aime, combien nous comptons les uns pour les autres, par des cadeaux, des attentions particulières. Malgré cela, ne serait-il pas plus cohérent et efficient de faire des efforts au quotidien pour démontrer par des actes, à notre partenaire, nos proches, notre communauté combien ils sont importants pour nous ? Chez Mr Afropolitan, nous avons ce Leitmotiv : “Pensez aux bonnes manières comme la base d’une masculinité gracieuse”. Effectivement, suivre les cinq piliers du gentleman concourt à construire un monde plus harmonieux. Un monde dans lequel la courtoisie et le sens du service sont de rigueur. Car assurément, “Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous “ Ubuntu. Ceci étant notre véritable héritage culturel.

PAS DE SAINT-VALENTIN SANS HARMONIE

Mais comment parler d’harmonie dans une société dans laquelle, le seul mot d’ordre est “Moi”. Moi et son frère, “JE”, qui sont les premiers mots et maux de notre société, car ces derniers nourrissent sans relâche l’égoïsme et l’égo. Partant de cela,  nous ne devons pas célébrer la Saint-Valentin au Cameroun. Ce Cameroun dans lequel avoir une petite, une “njomba”, un deuxième bureau (voire 5è) est une affaire entendue. Ce cameroun dans lequel une femme ayant plus de 30 ans et célibataire est marquée par la société comme étant un “produit périmé”. Ce Cameroun dans lequel le plus important est son compte en banque et le nombre de “petites” que l’on peut “serrer” sans attaches émotionnelles. Ce Cameroun dans lequel battre sa partenaire est devenue banal. Et encore, si par malheur les conquêtes nourrissent des sentiments, ou si votre partenaire ose se plaindre, on n’en a cure.

Alors, je le redis, non, nous ne devons pas célébrer la Saint-Valentin au Cameroun.

Si la Saint-Valentin est la fête des amoureux, au Cameroun, c’est devenu la fête de ‘la titulaire’. La fête de la ‘Reine mère’. Ceci est tellement ancré dans les moeurs que même à la radio nationale, on entend des commentateurs et animateurs dire:”Si le 14 février votre ‘mari’ est subitement malade ou indisponible, vous connaissez alors votre position. Du moins, vous n’êtes pas la titulaire. “ Ils ponctuent tout cela d’un rire gras moqueur. Non, ce ne devrait pas être banal.

CE QUI MINE LA SOCIÉTÉ

J’imagine difficilement comment une société pourrait se bâtir si chacun à notre niveau, nous avons la tête occupée par des calculs aussi inutiles. D’un côté nous avons des hommes qui se disent que toutes les femmes sont matérialistes sinon trop exigeantes. Alors, pour s’en prémunir, aucun effort n’est fait pour chercher une véritable partenaire de vie. Cette personne avec qui nous pourrons bâtir un empire, une famille à laquelle inculquer des valeurs humaines importantes : amour, partage, compassion, empathie, sens du service, etc… Ces hommes ne veulent même plus être des modèles pour les générations futures. Ces hommes ne veulent même plus faire semblant d’être des gentlemen. Ici, c’est la loi de celui qui aura le plus gros porte monnaie. Cela m’attriste véritablement.

De l’autre, des femmes qui pensent que les hommes sont tous des salauds. Ce manque de confiance est symptomatique d’une société dans laquelle chacun ne pense qu’à son gain personnel. Le fameux “MOI” est maître du jeu. Une bonne partie des jeunes filles font ce calcul : “Si je n’ai pas un excellent travail (entendez ici bien payé, car le sentiment d’accomplissement, d’être utile pour la société, n’est pas leur dada), je vais trouver un mari riche qui pourra s’occuper de moi.” En revanche, si ces dernières ont la chance d’avoir reçu une bonne éducation, décrochent un bon poste dans une grande entreprise de la place, elles recherchent tout simplement un homme qui pourra “matcher” leur statut. Soit intellectuellement, soit matériellement. La question primordiale n’est plus de savoir : ”Est-ce qu’il saura contribuer à mon épanouissement ?” Non, la première question est plutôt: “Est-ce qu’il ne vient pas pour profiter de moi ? “

Dans un contexte pareil, difficile de bâtir des relations saines et durables. Difficile d’avoir un plan pour le futur, pour notre société, pour l’héritage de notre progéniture.

UNE PISTE DE RÉFLEXION

Messieurs, c’est à vous que revient la charge de redresser la situation. Si vous voulez avoir cette place d’homme que vous réclamez à tort et à travers, alors engagez-vous. N’ayez pas peur de prendre les devants ici, et d’assumer vos responsabilités. Je vous vois déjà venir en me disant “Ahka, tu nous fatigues avec tes histoires, LCCLC* ‘Le Cameroun C’est le Cameroun’. Et bien, je vous dis non. Ce n’est pas parce que c’est “accepté” par le plus grand nombre que c’est immuable. Même si je ne prétends pas avoir la réponse, je propose de voir les choses sous un autre angle.

Imaginez un monde dans lequel la courtoisie, le sens du service et l’amabilité seraient éradiqués. Un monde en manque total d’élégance dans le style, son éducation du monde et les bonnes manières. Et bien, ce monde, je n’en ai pas envie. Nous avons déjà bien assez de soucis à nous faire avec l’extérieur qui ne nous considère pas comme des êtres humains en général. Pour les femmes en particulier, je n’ose même pas vous dépeindre leurs maux. Pour avoir une idée, sachez que les “NOIRS” qui étaient pris pour des biens meubles, ont eu le droit de vote avant les femmes… Voilà, vous avez une idée des injustices qu’elles subissent depuis tellement longtemps dans la société dite “moderne”.

Alors, messieurs, à vous de vous engager. Vous engager pour redonner à l’amour ses lettres de noblesses, ou du moins à l’engagement. Pour cette fameuse Saint-Valentin, oser dire non à toutes vos “NJOMBAS” de manière claire et précise. Osez dire à vos seconds bureaux que vous êtes déjà engagé ailleurs et souhaitez qu’elles aussi trouvent un homme qui s’engagera véritablement et sincèrement. Comme nous l’expliquions dans notre article sur la simplicité, la première règle pour une vie plus heureuse est l’honnêteté.

Soyez honnête envers vous même et envers vos proches. Certes, c’est facile à dire comme ça. Nous avons tous nos insécurités et nos peurs. Comme toute discipline, avec la pratique, ça deviendra plus facile. Commencez déjà par être honnête avec vos “petites”. Puis, expliquez à votre véritable partenaire ce qu’il vous faut pour ne pas aller à l’extérieur. Si c’est une question d’égo, dites-le lui, qu’elle le flatte plus souvent si nécessaire. Après avoir fait le “ménage” dans votre vie si je puis dire, demandez vous, ensemble, ce que vous voulez accomplir et restez concentrés. Et la vraie magie ici c’est la communication. Si en ouvrant votre coeur, vous avez des railleries, ne faites pas le fier, exprimez votre malaise, avec tact. Dites ce que vous ressentez, expliquez comment l’autre vous fait vous sentir. Croyez moi, les hommes sensibles, c’est charmant.

LA DÉCLARATION D’AMOUR POUR LA SAINT-VALENTIN

Alors, si les situations précédentes ne s’appliquent pas à vous, parce que vous êtes déjà un parfait gentleman qui ne poursuit pas deux lièvres en même temps (ou plus), alors, voici quelques conseils pour déclarer ou renouveller votre flamme. Avant toute chose, rappelez à cette personne qu’elle est spéciale. Pas pour faire joli, mais bien parce que vous le pensez. Parce que vous savez qu’à deux vous êtes plus forts, voire invincibles. Parce que vous savez que c’est vous deux contre le reste du monde. Et dans le reste du monde, la famille est incluse: père, mère, frères, amis. Si vous arrivez à mettre votre partenaire à cette place, croyez moi, votre vie sera plus simple. Vous aurez des rapports plus sains, plus vrais et vous pourrez construire votre avenir ensemble en toute quiétude, sachant que vous avez quelqu’un sur qui vous pouvez compter, NO MATTER WHAT !

Oui, trouver cette perle rare n’est pas évident. Alors, avant de penser à la trouver, préparez vous d’abord à la recevoir en étant dans ce schéma de simplicité.

Pour finir, allez-y le coeur vaillant et imposez vous comme des hommes. Prenez vos responsabilités et construisez une société dans laquelle les hommes et les femmes peuvent se faire confiance. Une société dans laquelle les couples sont basés sur la confiance. Nous pouvons compter les uns sur les autres. Puis, nous apprendrons à l’étendre à notre cercle restreint. Et par effet domino, nous aurons une société plus harmonieuse. Je rêve un peu ? Peut être, et je vais continuer…

Il n’y a pas d’autre art que l’art amoureux. C’est l’art souverain de la lenteur et de la vitesse. C’est l’art de susciter un éclair, sans jamais l’arrêter en l’orientant vers nous.

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