MBOKO LAGRIFFE - 2 - MR AFROPOLITAN - ART

Lorsque l’art se met au service de l’histoire, il ne faut pas rater le coche !

Mots par Habitat 237, entreprise curatrices d’artistes camerounais pour redéfinit nos intérieurs

Photos par Mr Orphée Noubissi, Studio Dokoti Douala

Laissez nous vous entretenir d’un sujet qui nous tient à cœur. L’art en Afrique et précisément au Cameroun. Malheureusement, nos artistes ne sont pas assez valorisés. Et lorsque nous notons une initiative en ce sens, c’est généralement des expatriés et immigrés qui s’y collent.

Qu’à cela ne tienne, nous, chez Habitat 237, nous avons décidé de redonner ses lettres de noblesses à l’Art au Cameroun. Pour ce faire, nous faisons une curation minutieuse d’artistes contemporains camerounais, avec qui nous pouvons collaborer sur le design de produits à usage quotidien.

Nous voulons redonner aux intérieurs un bon goût d’Afrique. En effet, l’esthétique africaine est souvent caricaturée, particulièrement dans l’univers de la mode qui la réduit au WAX. Fort heureusement, nous rencontrons dans notre quête, des artistes qui savent retranscrire par leurs œuvres, l’âme et beauté de la culture africaine. C’est ainsi que nous avons fait la connaissance de cet artiste qu’on ne présente plus vraiment dans le milieu, Mr Mboko Lagriffe.

LA RENCONTRE

Nous voulons mettre en avant des talents made in 237. Plus précisément des artistes dont l’art touche à notre espace de vie, dont la décoration de nos intérieurs. Ainsi, c’est lors de nos recherches sur la toile que par hasard nous tombons sur l’artiste Mboko.

Certainement, le sourcing est l’une des tâches les plus importante et complexe de notre travail. Il consiste à trouver THE ARTIST. Et malheureusement, nous n’avons pas encore de revues spécialisées, ou de multiples galeries d’art qui sauraient être nos principales sources.

Alors, une fois que nous avons trouvé l’artiste ou l’artisan qui nous a« tapé dans l’œil » de par la beauté de ses œuvres, leur authenticité, nous devons valider la qualité de son travail. Nous sommes intransigeant là dessus, la qualité est une garantie de notre service. Cette dernière est indispensable pour envisager une collaboration avec un artiste.

Fort heureusement, dans notre quête, Mr Marc Zuckerberg a mis sur pied Facebook. C’est donc sur Facebook un jour que nous tombons sur un commentaire laissé en dessous d’une photo posté par Mr Mboko Lagriffe. C’est celle de ce fameux avion de la compagnie aérienne, Royal air Maroc. Nous sommes tout de suite tombé sous le charme de son travail.

Nous ne pouvions pas en rester là. Nous voulions en voir plus. Nous avons donc pu retrouver des photos de ses tableaux, qu’il avait publié sur sa page Facebook. C’était devenu une évidence, nous devions absolument entrer en contact avec Mr Mboko Lagriffe. Véritablement, son travail est sublime et avions le devoir de le lui faire savoir au moins et de le connaître un peu plus.

MBOKO LAGRIFFE - ART - ROYAL AIR MAROC

Courtesy RAM©

L’ÉCHANGE

Un message sur Facebook a suffi pour le premier contact. Nous avons échangé nos coordonnés et quelques temps après nous nous retrouvions dans son atelier à Douala quartier de l’ESSEC (carrefour pendaison). Pensant passer 1h nous avons passés près de 4h. C’est une autre contrainte business qui nous a fait le quitter. Nous aurions pu échanger pendant des jours entiers sur l’art en Afrique et au Cameroun en particulier. Et d’autres journées encore auraient été nécessaire pour parler entièrement de l’étendu son travail.

En effet, Mr Mboko Lagriffe est un vrai passionné, un visionnaire. Il ne commande pas sa créativité, elle vient toute seule. Comme il aime le dire « le pire pour un artiste est de perdre sa créativité qui est son moteur » « L’art n’a pas de prix, mais nous sommes obligés de donner une valeur à l’expression de notre créativité qui est cette œuvre que nous avons créé ».

Durant notre échange, nous avons parlé de tout et de rien, de ses débuts. Nous avons eu le privilège qu’il nous présente des albums photos de ses débuts avec des personnalités Camerounaises. Nous avons passé en revu ses créations pour la CICAM quand il était stagiaire, ses collaborations. Nous avons parlé du Cameroun, des mentalités loin d’être prêtes à embrasser nos artistes qui ont pourtant énormément de talent. Surtout que ces derniers redéfinissent une esthétique purement camerounaise, empreinte de notre patrimoine historique, la diversité quasiment illimitée de nos cultures. On peut dire nous avons refait le monde en quelque sorte.

Concernant l’homme, ce que nous pouvons dire de Mr Mboko Lagriffe, est qu’il est très accueillant. Une personne vraie et authentique qui a  du caractère, tout en restant droit dans ses bottes. Il est intransigeant avec ses valeurs humaines, et surtout, il fait un art d’une qualité remarquable. Nous sommes heureuses de collaborer avec lui sur la tasse que vous voyez en image sur la photo ci-dessous par exemple.

MBOKO LAGRIFFE MR AFROPOLITAN - ART

L’HOMME

Mais qui est donc Mr Mboko Lagriffe ? En quelques mots, nous dirons simplement que c’est un artiste Camerounais qui a commencé à mettre ses idées sur toile depuis plusieurs années. Sa première exposition collective datant de 1991. De plus, son inspiration est sa passion.

Il exprime ce qu’il ressent tout simplement. Aujourd’hui c’est un artiste qui a su se diversifier. En plus de la peinture sur toile, on compte à son arc une corde sur le graphisme qu’il décline sur différents supports (vaisselle , tissus , etc.). Mr Mboko Lagriffe a travaillé et offert ses services à de grand nom du textile Camerounais il y a plusieurs années.

En effet, il a créé pour la CICAM, première compagnie de tissus au Cameroun, plusieurs graphismes dont le plus connu, nommé « BARE COLLE », fit un carton en 1996 . Cette année là, des milliers d’exemplaires de tissus pagne avec ce graphisme se sont arrachés.

Sur le plan international, nous pouvons dire que Mr Mboko Lagriffe assoit sa notoriété à quand il remporte en 2016 le premier prix « Wings of African art » à Marrakech pour l’habillage du boeing CN-RGH de la Royal air Maroc dont nous faisions mention précédemment. Pendant cette cérémonie, il rafle la première place parmi de nombreux participants et sa notoriété s’installa dans le milieu.

Aujourd’hui dans son atelier Mr Mboko Lagriffe continue de nous impressionner par sa créativité. Au Cameroun, il souhaite mettre en avant l’art Camerounais comme nous. Pour ce faire, il organise chaque année dans son atelier des barbecue exposition où il expose des artistes de la place dans une ambiance conviviale. Surtout, il a la ferme conviction que l’art Camerounais et ses artistes seront reconnus et appréciés à leur juste valeur à force de travail.

Pour conclure, nous pouvons dire que notre perception de l’art au Cameroun rejoint celle de Mr Mboko Lagriffe : La population locale pour la plupart est souvent très réticente et critique sur le travail de nos artistes. Paradoxalement, cette dernière valorise plus facilement l’art extérieur. Le made in Cameroun ne serait-il dont pas fiable, sexy, de qualité, mal marketé ? Si nous ne valorisons pas notre art qui le fera ? Avons-nous systématiquement besoin que nos talents soient d’abord reconnus à l’extérieur pour pouvoir leur accorder du crédit ?

Certainement pas ! Alors, nous, chez Habitat 237, relevons ce défi à bras le corps et rendons à notre niveau l’art Camerounais sexy.

Mais avant de vous quitter, nous vous donnons des astuces pour que vous aussi vous puissiez nous rejoindre dans notre lutte. Trouvez ici des conseils pour savoir apprécier l’art en général, des conseils que nous avons pu glaner en échangeant avec les artistes que nous suivons.

You are welcome !

1 - MBOKO LAGRIFFE - HTCA - 237Il n’y a rien de mystique comme un troisième œil spécial pour choisir et collectionner des œuvres d’art. C’est “VOTRE” œil qui improte. Alors, avant de vous rapprocher d’experts en art, vous devez d’abord être sûr de vos propres goûts. Ceci n’inclut quand même pas des années d’éducation. Vous n’avez pas à vous renseigner sur les différents mouvements dans l’art, l’histoire des artistes, etc…  En revanche, un abonnement à une revue spécialisée serait la bienvenue, ou une visite fréquente des galeries d’art pour affûter votre œil et vos goûts. Vous entraînez ainsi votre sens esthétique. De plus, vous pourrez aller à une exposition d’art contemporain, un vernissage et avoir le bon jargon.

2 - MBOKO LAGRIFFE - HTCA - 237Le monde de l’art est comme celui de la finance, beaucoup de spéculations. Alors, soyez prudents et ne vous fiez pas uniquement à ce que raconte les “experts” sur les grands courants à venir. Même si avoir un conseiller familier du milieu est toujours un plus, “don’t follow the hype.” De plus, au moment où vous entendez la hype, les prix sont probablement entrain de grimper. En revanche, une astuce serait de bien vous renseigner vous même, pour savoir si un artiste est approché par des galeries plus grandes. Faites un peu le travail d’un recruteur de football. Dans un marché comme le Cameroun, suivez les artistes qui restent assidus dans leur travail et qui ont une véritable histoire à raconter, comme Mr Mboko Lagriffe.

3- MBOKO LAGRIFFE - HTCA - 237Vous voyez certainement d’excellents travaux en ligne, sur les différentes pages des artistes. De beaux tableaux, belles sculptures, bien mis en avant avec des jeux de lumière ou autre. Ne vous y fiez pas. En effet, rien ne remplacera jamais une appréciation de l’oeuvre IRL. C’est très risquez de collectionner des oeuvres par écran interposés lorsqu’on débute. En revanche, admettons le, la plupart des œuvres sont collectionnées d’abord au format jpeg ou via Instagram. Mais, nous pouvons nous le permettre uniquement lorsque nous avons déjà vu au préalable un travail du même acabit. Pour les artistes 237, la plupart se concentrent dans les villes de Douala et Yaoundé. Vous pouvez comme nous, les contacter via Facebook et prendre rendez-vous pour vous rendre dans leurs ateliers et apprécier véritablement leur travail, sinon, nous faire confiance en nous suivant sur Instagram.

4- MBOKO LAGRIFFE - HTCA - 237Bien que dans le monde de l’art il y ait une hiérarchie bien établie, vous avez aussi votre mot à dire. Les collectionneurs ultra-riches dans le haut du panier, suivis des conservateurs, les galeristes, les artistes, les critiques et enfin tous les autres. En effet, vous pouvez gagner le respect voire l’amitié de ces derniers en vous éduquant au langage de l’art. De plus, si vous sociabilisez en faisant les ouvertures des galeries et expositions, ce sera l’occasion de discuter avec des personnes plus averties. Vous pourrez donc ainsi être repéré comme une personne qui connaît son affaire, même si vous n’êtes pas fortuné. Vous devez prendre votre mal en patience pour vous faire accepter, et c’est une initiation obligatoire si on veut véritable commencer à collectionner et valoriser par la même occasion le travail de nos artistes locaux. Cependant, les expositions ne sont pas pour des personnes timides. Il faudrait avoir assez confiance en vous pour demander le prix d’une oeuvre qui vous intéresse et ne pas être offensé si elle est déjà réservée pour un autre. Cela fait partie de l’aventure.

COMMENT ACHETER L’ART LORSQU’ON EST UN PROFANE ?

Qui ?

Achetez des pièces uniques de jeunes artistes avec un avenir au-delà de l’école d’art . Par exemple,Mr Fred Ebami dans le Pop Art ou Mr Francis Essoua dans l’art abstrait. Ou encore, des artistes confirmés qui restent du terroir Africain, comme Mr Mboko Lagriffe en portrait ici, sinon, ayez le flair des artistes négligés et qui peuvent être sujet à une renaissance de leur carrière.

Quoi ?

Assurez-vous que cela corresponde à votre intérieur, assurez-vous que l’oeuvre durera et ne défraîchira pas trop vite. S’il s’agit d’une vidéo ou si elle contient des pièces mobiles, assurez que cela puisse être remis en place ou remplacé si cassé.

Où ?

Il y a des galeries d’art prospères à presque tous les niveaux, alors commencez par les jeunes à Douala (comme Mam’s Galerie, Doual’Atr) ou Abidjan (Galerie Cécile Fakhoury), à Cotonou (Galerie Guelede), Accra (Artists Alliance Gallery) et Nairobi (One Off Comtemporary Art Gallery Ltd), Pour n’en citer que très peu. Une dernière, la Gallerie Momo à Johannesburg. Elle vaut le détour.

Quand ?

Des villes telles que Johannesburg, Cotonou, Douala et d’autres organisent souvent des week-ends de galeries. Ce sont aussi des périodes de l’année où toute la ville est autour de l’art. Nous retrouvons même des fresques murales et des œuvres urbaines. C’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres passionnés..

Pourquoi ?

Achetez seulement parce que vous aimez une oeuvre, pas parce que vous pensez qu’elle pourrait prendre de la valeur avec le temps. Sinon, achetez aussi par patriotisme, pour soutenir la culture africaine.

Art de plaire, art de convaincre ou art d’exister… Il faut que l’art ait un but sinon ce n’est pas de l’art !

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